L'alerte est sérieuse. Selon une analyse publiée par le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie en janvier 2026, le Canada pourrait perdre entre 2 500 et 5 000 restaurants au cours de la seule année 2026, avec une estimation centrale de 4 000 établissements. En 2025, quelque 7 000 restaurants avaient déjà définitivement fermé leurs portes.
Ces fermetures ne touchent pas seulement des adresses de quartier — elles signifient des milliers d'emplois perdus, des cuisines qui s'éteignent, et un tissu économique local fragilisé dans des régions entières du pays.
Pourquoi maintenant ?
La crise n'est pas soudaine. Elle est le résultat d'un alignement malheureux de plusieurs facteurs qui se cumulent depuis 2021.
Pendant la pandémie, les aides gouvernementales ont permis à de nombreux établissements de survivre artificiellement. Avec la fin de ces soutiens, la réalité économique a rattrapé des restaurants déjà fragilisés, souvent endettés, opérant avec des marges réduites à presque rien.
À cela s'ajoutent des coûts d'exploitation en forte hausse : matières premières, loyers commerciaux, énergie, et surtout masse salariale. Les experts anticipent des hausses de prix sur les menus allant jusqu'à 6 % en 2026, dans un contexte où 41 % des Canadiens déclarent avoir déjà réduit leurs sorties au restaurant en raison du coût de la vie.
« Nous sommes dans une période de réinitialisation profonde. Les établissements qui survivront sont ceux qui auront réussi à adapter leur modèle d'affaires à une nouvelle réalité : moins de volume, plus de valeur. » — Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, Université Dalhousie (Global News, janvier 2026)
41 % des restaurants opèrent à perte ou au seuil
C'est le chiffre le plus préoccupant publié par Restaurants Canada au début de l'année 2026 : quatre restaurants sur dix au pays sont soit déficitaires, soit au seuil de rentabilité. La même association souligne que le resserrement des politiques d'immigration temporaire — qui visent à ramener la proportion de résidents non permanents à 5 % de la population d'ici fin 2026 — viendra amputer un bassin de main-d'œuvre sur lequel le secteur s'appuyait massivement.
« L'industrie de la restauration est à un carrefour. Sans mesures ciblées pour réduire le fardeau réglementaire et faciliter le recrutement qualifié, les fermetures se multiplieront et ce sont les régions éloignées qui en souffriront le plus. » — Maximilien Roy, vice-président Québec, Restaurants Canada (La Presse, février 2026)
Ce que ça signifie pour les employeurs et les candidats
Pour les candidats, cette période de turbulence est paradoxale : si des établissements ferment, d'autres se restructurent et cherchent activement des profils capables de les accompagner dans leur transformation. Les cuisiniers polyvalents, les gérants de salle expérimentés et les professionnels capables de gérer des équipes réduites sont plus recherchés que jamais.
Pour les employeurs qui tiennent bon, la priorité absolue est la rétention. Recruter dans un marché où la confiance est fragilisée demande une approche différente : transparence sur la santé de l'établissement, conditions de travail compétitives, et processus de recrutement rapide. Les candidats qualifiés ont plusieurs options — ils choisiront l'employeur qui communique le mieux.
Comment traverser la tempête
Les établissements qui résistent à la crise ont plusieurs points communs : ils ont diversifié leurs revenus (traiteur, livraison, événements privés), optimisé leurs coûts sans sabrer la qualité, et — surtout — investi dans leurs équipes plutôt que de les réduire au minimum.
La technologie joue aussi un rôle croissant : gestion des stocks par algorithme, commandes automatisées, tableaux de bord de rentabilité en temps réel. Ces outils, autrefois réservés aux grandes chaînes, sont aujourd'hui accessibles aux indépendants.
« Les restaurants qui ferment aujourd'hui n'avaient souvent pas de problème de cuisine ou de service — ils avaient un problème de gestion. La rentabilité dans notre secteur, ça s'apprend. » — Marie-Hélène Cousineau, consultante en gestion de restaurants, Montréal (CHD Expert, janvier 2026)
Conclusion
La vague de fermetures de 2026 est un signal d'alarme pour l'ensemble de l'industrie HRI. Mais elle est aussi une occasion de remise à niveau : les établissements qui en sortiront plus forts seront ceux qui auront saisi ce moment pour professionnaliser leur gestion, fidéliser leurs équipes et mieux communiquer leur valeur.
Pour les professionnels du secteur — candidats comme recruteurs — rester bien positionné dans un marché qui se contracte passe par un accès rapide aux meilleures opportunités disponibles.
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Sources
- Le Canada pourrait perdre 4 000 restaurants d'ici 2026 — Point Sud, janvier 2026
- Canada could lose 4,000 restaurants in 2026 — Global News, janvier 2026
- Malgré des ventes records, 41 % des restaurants sont en difficulté — Radio-Canada / Restaurants Canada, 2026
- Des milliers de restaurants canadiens pourraient fermer définitivement en 2026 — LaNature.ca, janvier 2026
Rédigé par
L'équipe Hotel Resto Expert
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