Pénurie de main-d'œuvre en restauration : chiffres alarmants et solutions concrètes pour 2026
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Pénurie de main-d'œuvre en restauration : chiffres alarmants et solutions concrètes pour 2026

L'équipe Hotel Resto Expert
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Un secteur qui peine à se redresser : les chiffres qui parlent

Les statistiques brossent un portrait préoccupant. Au deuxième trimestre de 2025, le secteur de l'hébergement et de la restauration comptait encore 10 800 postes vacants au Québec, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Si ce chiffre représente une baisse par rapport aux sommets atteints en 2022-2023, il reste très supérieur aux niveaux prépandémiques.

À l'échelle canadienne, la situation est tout aussi tendue. Selon Restaurants Canada, l'industrie de la restauration a compté jusqu'à 171 715 postes vacants au plus fort de la crise — comparativement à environ 60 000 avant la pandémie. Conséquence directe : les établissements fonctionnent en moyenne à seulement 80 % de leur capacité normale, avec des répercussions directes sur les revenus, la qualité de service et l'expérience client.

Les perspectives démographiques ajoutent une couche d'inquiétude. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, la population en âge de travailler au Québec devrait commencer à reculer à partir de 2026, selon les projections du gouvernement du Québec. Autrement dit, la concurrence entre employeurs pour un bassin de travailleurs qui rétrécit ne fera que s'intensifier.

Par ailleurs, une étude du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie estime qu'environ 4 000 restaurants pourraient fermer leurs portes au Canada en 2026, victimes de la combinaison de coûts d'exploitation élevés, de marges comprimées et de difficultés chroniques à recruter du personnel.

Comprendre les causes : pourquoi la restauration a du mal à recruter

La pénurie n'est pas un phénomène simple. Elle découle de plusieurs réalités structurelles qui se cumulent et se renforcent mutuellement.

Des conditions de travail historiquement difficiles

Horaires décalés, fins de semaine obligatoires, pression physique et mentale intense, gestion de conflits clients, salaires longtemps peu attractifs : la restauration traîne une réputation qui décourage de nombreux travailleurs, surtout les nouvelles générations. Depuis la pandémie, beaucoup d'employés qui avaient quitté le secteur par force ont choisi de ne pas y revenir, préférant des milieux de travail perçus comme plus stables ou moins exigeants physiquement.

La concurrence intersectorielle

Le commerce de détail, la logistique et les services à la personne offrent désormais des salaires comparables à ceux de la restauration, avec des horaires souvent plus réguliers. Un commis de cuisine ou un serveur peut facilement trouver un poste en entrepôt ou dans la grande distribution avec moins de pression. La restauration doit donc justifier sa valeur ajoutée autrement que par le seul salaire horaire.

La réduction de l'immigration temporaire

Autre facteur structurel important : en 2023, un emploi sur cinq dans la restauration canadienne était occupé par un résident non permanent, selon Statistique Canada. Or, la politique fédérale vise à réduire la proportion de résidents temporaires à 5 % de la population totale d'ici la fin 2026 — un resserrement qui risque d'amputer significativement le bassin de main-d'œuvre disponible pour le secteur.

« La restauration souffre depuis longtemps d'un déficit d'image. Pour recruter durablement, il faut repenser les modes d'organisation, tendre vers plus d'individualisation et rompre avec un schéma de management trop autoritaire. »

— Sandrine Chourrout, DRH, Majorian (MyRHline, 2024)

Ce que font les employeurs : réactions face à la crise

Les restaurateurs ne sont pas restés les bras croisés. Une enquête de Restaurants Canada révèle que face aux pénuries :

  • 77 % des établissements ont tenté d'attirer du personnel en augmentant les salaires
  • 72 % ont demandé à leurs propriétaires et gestionnaires de travailler plus d'heures
  • 64 % ont réduit leurs heures d'ouverture

Ces réactions, si compréhensibles qu'elles soient, sont essentiellement défensives. Elles permettent de survivre à court terme, mais ne règlent pas les causes profondes du problème. Pour vraiment changer la donne, il faut aller plus loin.

« Retenir ses employés dans un restaurant, ça commence par créer une véritable culture d'établissement — un sentiment d'appartenance que le personnel ne retrouvera nulle part ailleurs. »

— Marie-Ève Rhéaume, conseillère en développement organisationnel, ITHQ (2024)

Les solutions qui fonctionnent vraiment

1. Revoir la structure des horaires

L'un des freins les plus puissants à l'entrée dans le secteur reste la gestion des horaires. Des établissements innovants commencent à offrir des horaires en blocs fixes (4 jours sur 5, services du midi seulement, etc.), des outils de demande de congé simplifié, et une meilleure prévisibilité. Ces ajustements ne coûtent pas nécessairement plus cher — mais ils changent radicalement l'expérience employé.

2. Investir dans la marque employeur

Pourquoi un cuisinier choisirait-il votre restaurant plutôt que celui d'en face ? La réponse doit dépasser le salaire. L'ambiance de travail, les valeurs de l'établissement, les possibilités de formation, la relation avec la direction : tout cela constitue votre marque employeur. Les restaurants qui la travaillent activement — via les réseaux sociaux, les témoignages d'équipe, les vidéos de coulisses — attirent des candidats déjà convaincus et motivés.

3. Miser sur la formation et la progression interne

Un employé qui voit un avenir dans votre établissement est un employé qui reste. Créer des parcours de progression clairs, payer des formations certifiantes, offrir des responsabilités supplémentaires progressivement : ces pratiques fidélisent mieux que n'importe quelle prime ponctuelle.

4. Diversifier les profils recrutés

Nouveaux arrivants, personnes en réorientation professionnelle, étudiants, travailleurs semi-retraités : la restauration est un secteur où des compétences peuvent s'acquérir rapidement si l'encadrement est solide. Élargir la cible de recrutement et miser sur la formation interne permet de combler des postes qui resteraient autrement vacants indéfiniment.

« La technologie n'est pas là pour remplacer les humains, mais pour les libérer des tâches répétitives et leur permettre de se concentrer sur ce qui fait la valeur du service : le contact humain. »

— François Meunier, vice-président Affaires publiques, Restaurants Canada (Les Affaires, 2023)

5. Tirer profit de la technologie pour alléger la charge

87 % des restaurants canadiens prévoient d'investir dans des technologies de gestion en 2025, selon Square Canada. Logiciels de planification des horaires, systèmes de commande automatisés, outils de gestion des stocks : ces technologies permettent de faire plus avec moins, et de réduire la pression sur les équipes déjà sollicitées.

6. Simplifier et accélérer le recrutement

Dans un marché concurrentiel, la lenteur tue les candidatures. Un processus de recrutement qui dure trois semaines fait fuir les bons profils vers des employeurs plus réactifs. Utiliser une plateforme spécialisée comme Hotel Resto Expert permet de diffuser rapidement vos offres auprès d'une communauté ciblée de candidats en hôtellerie-restauration.

« La rapidité est devenue un facteur différenciant dans le recrutement. Les candidats qualifiés ont aujourd'hui plusieurs offres simultanément. L'employeur qui répond en 24 heures a un avantage décisif. »

— Isabelle Gagnon, consultante RH spécialisée en restauration, Montréal (Komia, 2025)

Perspectives pour 2026 : une crise durable, une adaptation nécessaire

La pénurie de main-d'œuvre en restauration n'est pas une parenthèse temporaire. Elle reflète des transformations profondes — démographiques, culturelles, économiques — qui vont redéfinir durablement la façon dont les établissements recrutent, forment et fidélisent leurs équipes.

Les employeurs qui s'en sortiront le mieux seront ceux qui cessent de réagir à la pénurie pour commencer à anticiper : construire une culture d'entreprise forte, investir dans leurs équipes, moderniser leurs processus et se positionner comme des milieux de travail de choix dans leur région.

Sources

  • Aperçu du marché du travail au Québec, février 2026 — Guichet-Emplois Canada, 2026
  • Postes vacants au Québec par trimestre — Institut de la statistique du Québec, 2025
  • Workforce insights: Demographics in food services, 2017–2023 — Statistique Canada, 2025
  • Mémoire pré-budgétaire 2024-2025 — Restaurants Canada, 2024
  • Retenir ses employés dans son restaurant — ITHQ, 2024
  • Tensions RH dans l'hôtellerie-restauration : solutions 2025 — Adaptel, 2025
  • Comment les restaurants canadiens utilisent la technologie en 2025 — Square Canada, 2025
  • Pénurie de personnel en restauration : 6 solutions efficaces — Komia, 2025
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